L’électrostimulation intégrale, utilisée par les champions, arrive dans les salles de sport. Une façon de booster son activité sportive. Alors, nécessaire ou pas ?

Il y aurait donc un moyen plus simple, rapide et efficace de se modeler un corps de Dieu grec sans soulever des tonnes de fonte. Ça s’appelle l’électrostimulation intégrale et coachée. La technique est par exemple utilisée par les handballeurs du PSG et les footballeurs du Bayern. En quoi cela consiste ? Pour comprendre, j’ai donc essayé. Précision : je ne suis pas resté vautré dans un fauteuil un paquet de chips à la main. « C’est tout le contraire, m’a confié d’emblée ma coach, Emilie Behm. Pour être efficace, il faut accompagner les stimulations, ne pas rester passif. Il faut contracter tous ses muscles. »

Première étape : enfiler une combinaison pleine de connexions électriques. Avec ça, impossible de faire 3 m dans la rue sans se faire arrêter. Jambes, torses, bras : tout mon corps est harnaché, prêt (ou pas) à recevoir les volts. Aucun danger à craindre évidemment : les impulsions sont trop faibles.

Face à la console, Emilie me balance quelques impulsions en commençant par les jambes. L’impression ? Des petits guilis qui montent jusqu’aux épaules au fur et à mesure. Les fourmillements deviennent plus importants jusqu’à contracter les muscles au plus fort de l’exercice. Ça fait mal et c’est normal : tout travaille. Cela équivaut à soulever des gros haltères et à multiplier les contractions d’abdos. En général, la séance dure une vingtaine de minutes et, à la fin, c’est comme si on faisait une séance balèze de quatre heures à la salle en termes de contractions musculaires pures. « C’est surprenant et addictif, prévient Emilie Behm. Pour une efficacité optimale, deux séances par semaine, guère plus, suffisent. L’électrostimulation a des vertus médicales. C’est très bon pour les maux de dos. Elle sert bien entendu à augmenter la masse musculaire, l’endurance et la rapidité. Une utilisation régulière permet aux coureurs de gagner 1 ou 2 km par heure. C’est excellent aussi pour perdre du poids. Le gainage permet de gagner de sacrés tours de taille. »

Pour ce qui me concerne, c’est encore tôt pour juger. J’en ressors sans douleur avec juste l’envie de recommencer. Emilie me prévient : « Si vous avez bien travaillé, et c’est le cas, vous allez ressentir des courbatures demain. » On en reparle…

Le Parisien | Éric Michel | 27 janvier 2017,